Jusqu’à la mi-2007, Olen’K se composait d’Elise Monstastier (devenue Montastier-Costa courant 2009), Manuel Costa et Patrice Debet, trois personnes à l’origine du groupe. Venant d’horizons musicaux divers (electro, indus, cold wave, post-punk, pop), ils se sont rencontrés lors de la Fête de la Musique de l’an 1999.

Très vite, l’ossature des premiers morceaux prend forme. Sur ses premiers enregistrements, le EP Half Asleep (2002, qui déjà, leur donne une place sur un CD sampler du magazine français D-Side) et le premier album Silently Noisy (sorti en 2004 puis ressorti sur le label ambient suédois Cold Meat Industry en 2005), Olen’K comprend une autre voix, avec laquelle dialogue Elise : celle de Cécile Gonzales. Influences cumulées, son explosé. Sur ses premières années d’existence, Olen’K génère une musique rêveuse, directe mais dont la diversité de couleurs ne la rend que peu classable. Des ambiances mystiques, planantes, alternent alors avec des rythmes plus soutenus, carrément folks parfois, voire « embarqués » aux dires de certains. Dans cette ouverture, le groupe rencontre un public hétérogène, sur des scènes diverses, aussi bien en festival rock qu’en église.

Suite au départ du claviériste et programmeur Patrice Debet à la mi-2007, Elise et Manuel repensent Olen'K. Nouvelles dynamiques, nouveau mode de travail. Deux nouveaux musiciens apparaissent sur scène : le batteur Alex Morlay, qui remplace lors des concerts Emmanuel Lajudie, précédent batteur de scène du groupe, ainsi que Rémy Saule, nouveau bassiste. Ces jeunes gens ont acquis une vraie expérience de groupe au sein de leur projet commun : Gengis Khan (funk/jazz rock). De nouvelles dynamiques, vivaces, se sont alors dessinées en interne. Olen’K assure bien quelques shows pour The Floating World (2007), dont un en première partie des expérimentateurs post-dub EZ3kiel. Malheureusement, il ne sera donné que peu de performances au soutien de ce second album.
Quoi qu’il en soit, cette configuration scénique rénovée précipite le futur. L'intégration d’un bassiste a permis à Costa de se concentrer principalement sur les claviers et la programmation. En ces domaines, il accumule de l’expérience et gagne une polyvalence qu’il n’a jamais connue jusqu’alors.
La maîtrise renforcée du propos est en route. Ce nouveau rôle concrétisé pour Manuel sur scène, s’accompagne d’une forte pulsion créatrice. En l’espace de deux ans, il compose une quarantaine de titres. Costa maîtrise désormais l’entièreté de l’instrumentation, Elise l’accompagnant dans cet élan par une forte codirection artistique et, bien sûr, la création du chant.

Et puis vient l’heure du troisième et double album, 7.1 (mars 2010), enregistré en plusieurs étapes aux studios Millenium en compagnie de Rémy Pelleschi (Mlada Fronta, déjà aux manettes pour le second album The Floating World).
C’est un moment de transition, un instant important.

L’éventail s’est aujourd’hui resserré. Olen’K présente avec 7.1 un style repensé, un visuel étudié (premier vidéoclip pour le titre « Exile ») et une approche refroidie, moins heavenly et plus électro et minimale que par le passé. Quelque chose d’essentiel ressort de tout cela : une rythmique épurée, un son raffiné, un chant aux reliefs intimes, une ambiance mêlant angoisses et peurs, sans démonstration ou excès de décorum mais présentée avec fermeté et force conviction.
Sur scène, Alex Morlay et un second batteur, Romain Djoudi, accompagneront Olen’K dans cette redéfinition. Le groupe proposera alors deux formes différentes d’expérience live : une formule « groupe », électrique et dynamique et dont le gros son impliquera ces deux mêmes batteurs ; et une formule « duo », configuration plus acoustique dans laquelle Elise et Manuel présenteront, dans des clubs ou des salles plus petites, un show dénudé et intimiste piochant dans tout le répertoire d’Olen’K.

 
Emmanuel Hennequin
 
 
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